Selon les dernières informations, la Cour constitutionnelle gabonaise vient de valider quatre candidatures supplémentaires pour l’élection présidentielle du 12 avril 2025. Cette décision fait suite aux recours déposés après l’invalidation initiale de certains dossiers par la Commission nationale d’organisation et de coordination des élections et du référendum (CNOCER).
Les quatre nouveaux candidats officiellement en lice sont Alain Simplice Boungoueres, Axel Stophène Ibinga Ibinga, Thierry Yvon Michel N’Goma et Zenaba Gninga Chaning – cette dernière étant l’unique femme parmi les huit candidats désormais en compétition. Les autres recours, notamment ceux de Jean Rémy Yama, Michel Ongoundou Loundah, Boris Ibela et Marlène Fabienne Essola Efountame, ont été rejetés.
Le ministère de l’Intérieur a immédiatement invité les candidats validés à approuver leurs bulletins de vote, précisant qu’aucun bulletin ne serait imprimé sans cette validation préalable.
Un duel annoncé entre deux favoris
Dans ce contexte électoral élargi, l’opinion publique gabonaise semble largement considérer que la véritable compétition se jouera entre deux hommes : Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, présenté comme le grand favori, et Alain Claude BILLIE BI NZE. Les analystes politiques et la vox populi s’accordent à prédire une victoire confortable pour OLIGUI NGUEMA.
Pourquoi se présenter sans espoir de victoire ?
Face à ce pronostic quasi unanime, une question se pose légitimement : pourquoi six candidats ont-ils investi 30 millions de francs CFA chacun en caution électorale, alors que leurs chances de l’emporter paraissent infimes ?
Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces candidatures que certains qualifieraient de « symboliques » :
- Positionnement politique à long terme : Une candidature présidentielle, même sans victoire, permet d’accroître sa notoriété politique et de se positionner pour les échéances futures.
- Négociation post-électorale : Comme le suggère la question initiale, ces candidats pourraient espérer négocier des postes dans le futur gouvernement en échange de leur soutien ou de leur ralliement.
- Représentation d’idées et de programmes : Certains candidats peuvent souhaiter porter des idées spécifiques dans le débat public, même sans espoir de victoire immédiate.
- Construction d’une base politique : La campagne présidentielle offre une visibilité nationale permettant de consolider une base d’électeurs fidèles pour d’autres élections (législatives, locales).
- Représentation symbolique : Dans le cas de Zenaba Gninga Chaning, sa candidature revêt également une dimension symbolique importante en tant qu’unique femme dans cette course présidentielle.
Une stratégie politique calculée
Si l’investissement de 30 millions de FCFA peut sembler conséquent pour une candidature sans perspective de victoire, cette somme représente en réalité un investissement politique potentiellement rentable à moyen terme.
Dans le système politique gabonais, comme dans de nombreux autres pays africains, les personnalités ayant atteint le statut de « candidat à la présidentielle » acquièrent une stature nationale qui peut se traduire par diverses opportunités politiques : nominations à des postes gouvernementaux, à la tête d’entreprises publiques, ou positions diplomatiques.
La démocratie gabonaise continue ainsi son évolution avec cette élection qui, au-delà du résultat prévisible, permettra peut-être l’émergence de nouvelles figures politiques sur la scène nationale.



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