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Infrastructures au Gabon : pourquoi Oligui Nguema s’impose comme le meilleur bâtisseur

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Infrastructures au Gabon : pourquoi Oligui Nguema s'impose comme le meilleur bâtisseur
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Depuis l’indépendance, chaque chef d’État gabonais a marqué le pays de son empreinte en matière d’infrastructures. Mais à l’heure du bilan, trois périodes se détachent nettement : les 42 ans d’Omar Bongo, les 14 ans d’Ali Bongo, et les un peu moins de trois ans de transition puis de mandat de Brice Clotaire Oligui Nguema. Si l’on compare le rythme, la diversité et la portée sociale des réalisations, c’est bien ce dernier qui ressort comme le bâtisseur le plus actif de l’histoire récente du Gabon.

Omar Bongo : le temps des fondations, mais un rythme lent

Omar Bongo a dirigé le Gabon pendant plus de quatre décennies, dans un contexte de boom pétrolier qui aurait pu transformer le pays en chantier permanent. Son legs le plus emblématique reste le Transgabonais, cette ligne de chemin de fer reliant Owendo à Franceville, conçue pour désenclaver l’intérieur du pays et évacuer le manganèse du Haut-Ogooué. C’est un projet d’ampleur, mais qui a aussi eu un coût environnemental important, avec plusieurs milliers d’hectares de forêt primaire détruits pendant les travaux.

En dehors de ce chantier ferroviaire et de quelques constructions symboliques comme le palais présidentiel ou le Palais des conférences, le bilan global reste limité au regard de la durée du règne. Malgré des décennies de revenus pétroliers conséquents, le réseau routier national n’a que faiblement progressé : à la fin de son règne, le Gabon ne comptait qu’environ 900 kilomètres de routes bitumées sur l’ensemble du territoire. La priorité donnée à la stabilité politique et à la centralisation du pouvoir a souvent primé sur l’aménagement du territoire.

Ali Bongo : l’ère de l’« Émergence », entre ambition et inachèvement

Arrivé au pouvoir en 2009, Ali Bongo a lancé le Plan Stratégique Gabon Émergent, avec une rhétorique résolument tournée vers les infrastructures. Sous son mandat, le réseau routier bitumé a sensiblement progressé, passant à environ 1 800 km en 2013, et le pays a engagé l’extension de son réseau de 74 % entre 2009 et 2015. Plusieurs aéroports ont été réhabilités ou agrandis (Mvengué, Oyem, Port-Gentil), un nouvel aéroport international a été lancé près de Libreville, et le port d’Owendo a connu une modernisation majeure avec le projet NOIP. Le secteur hospitalier et scolaire a également bénéficié d’investissements, avec de nouvelles salles de classe et des établissements de santé à Libreville.

Mais ce bilan s’accompagne d’un revers bien documenté : de nombreux chantiers lancés sous Ali Bongo sont restés inachevés pendant des années: ponts non terminés, stades à l’arrêt, programmes annoncés sans calendrier précis. La presse gabonaise elle-même a régulièrement pointé l’écart entre les annonces et les livraisons effectives, ainsi que l’endettement croissant du pays, la dette publique ayant fini par représenter environ 70 % du PIB.

Oligui Nguema : la densité et la rapidité des réalisations

C’est sur ce terrain, celui de la concrétisation rapide et visible, que la présidence d’Oligui Nguema se distingue. En moins de trois ans, depuis la transition d’août 2023 jusqu’à la mi-2026, le pays a vu se multiplier les inaugurations à un rythme inédit : hôpitaux interdépartementaux, collèges, dépôts pharmaceutiques, marchés transformés en pôles de sécurité alimentaire, logements sociaux, voies de dégagement urbaines, ponts, plateaux sportifs, centres de loisirs.

Plusieurs caractéristiques distinguent cette dynamique :

  • Le déblocage de projets gelés depuis des années. Certaines infrastructures inaugurées par Oligui Nguema, comme à Franceville ou Moanda, étaient attendues depuis 2005, c’est-à-dire qu’elles dormaient depuis près de vingt ans avant d’être enfin livrées.
  • Un programme d’urbanisation structurant pour Libreville, couvrant simultanément la voirie, le logement social, les équipements sportifs et les espaces de loisirs, avec un suivi présidentiel direct et régulier des chantiers.
  • Des projets stratégiques de grande envergure annoncés et engagés : le port en eau profonde de Mayumba, la ligne ferroviaire Bélinga-Boué-Mayumba et le barrage hydroélectrique de Boué, censés créer des dizaines de milliers d’emplois.
  • La relance de chantiers historiques, comme la réhabilitation du Transgabonais, financée par un prêt de 173 millions d’euros auprès de l’Agence française de développement, avec un horizon 2031.
  • Une diversification sectorielle allant au-delà du tout-routier : numérique (datacenters, fibre optique), énergie (centres gaziers), justice (première maison d’arrêt pour mineurs du pays), agriculture et santé.

Cette densité de réalisations en un temps record, sur l’ensemble des provinces et pas seulement à Libreville, constitue l’argument central en faveur d’Oligui Nguema comme meilleur bâtisseur : il a su, en quelques mois, débloquer des dossiers que ses prédécesseurs avaient laissés en sommeil pendant des décennies, tout en lançant de nouveaux chantiers structurants.

Une nuance nécessaire

Cet article présente le dossier en faveur d’Oligui Nguema, mais une comparaison honnête appelle plusieurs réserves :

  • Le facteur temps joue en sa faveur. Trois années de tournées et d’inaugurations intensives sont plus simples à mettre en scène que quarante-deux ans de gouvernance, et il est encore tôt pour mesurer la durabilité de ses projets.
  • Beaucoup des réalisations citées sont des infrastructures de taille modeste (marchés, dépôts pharmaceutiques, salles des fêtes) plutôt que des mégaprojets transformateurs comparables au Transgabonais ou au NOIP, les grands chantiers annoncés (port de Mayumba, barrage de Boué) restent, à ce stade, davantage des engagements que des réalisations achevées.
  • Le contexte budgétaire se tend. Le pays est entré en 2026 dans une phase d’austérité négociée avec le FMI, ce qui pourrait freiner le rythme des investissements futurs.
  • Le jugement politique reste contesté. Pour les soutiens du pouvoir, ces réalisations illustrent une rupture salutaire avec l’inertie passée ; pour d’autres observateurs, la comparaison entre des temporalités aussi différentes reste fragile, et le véritable test sera l’achèvement effectif des grands projets structurants annoncés pour les années à venir.

Le débat sur qui, d’Omar Bongo, d’Ali Bongo ou d’Oligui Nguema, restera dans l’histoire comme le plus grand bâtisseur du Gabon n’est donc pas définitivement clos, mais à mi-2026, le rythme et la visibilité des réalisations de la transition donnent à Oligui Nguema une longueur d’avance dans l’opinion.

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