C’est le Paradoxe d’un Philosophe sans Philosophie. Dans le paysage intellectuel africain contemporain, un phénomène troublant mérite notre attention : celui d’un professeur de philosophie camerounais, Franklin Nyamsi, qui s’acharne avec une virulence déconcertante contre le Président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema. Cette obsession, manifestée sur les réseaux sociaux TikTok, Facebook et YouTube, soulève des questions fondamentales sur la cohérence intellectuelle et l’authenticité du discours panafricain.
L’Intelligence sans la Sagesse : Une Tragédie Intellectuelle
Aristote, dans son Éthique à Nicomaque, distinguait clairement la sophia (sagesse théorique) de la phronesis (sagesse pratique). Franklin Nyamsi illustre parfaitement cette dichotomie : il peut posséder des connaissances théoriques en philosophie, mais sa conduite révèle un déficit flagrant de sagesse pratique. Comme l’observait Montaigne dans ses Essais : « Nous sommes tous riches de la science d’autrui » – une réflexion qui souligne la différence entre l’accumulation de savoirs et la véritable sagesse.
Cette distinction prend tout son sens quand on observe l’acharnement de Nyamsi contre un leader africain tout en gardant un silence assourdissant sur les dérives de son propre pays, où Paul Biya, nonagénaire, s’apprête à briguer un nouveau mandat après quatre décennies au pouvoir.
La Psychologie de la Projection et du Déplacement
La psychanalyse freudienne nous enseigne que la projection est un mécanisme de défense où l’individu attribue à autrui ses propres impulsions refoulées. Carl Jung ajoutait que « tout ce qui nous irrite chez les autres peut nous mener à une meilleure compréhension de nous-mêmes. » L’obsession de Nyamsi pour Oligui Nguema pourrait révéler ses propres frustrations face à l’immobilisme politique camerounais.
Le sociologue Pierre Bourdieu parlait de « violence symbolique » – cette forme subtile de domination qui s’exerce par la parole et les représentations. Ironiquement, Nyamsi, qui devrait déconstruire ces mécanismes en tant qu’intellectuel, les reproduit en s’attaquant systématiquement à un dirigeant africain engagé dans une transition démocratique.
Le Syndrome de la « Poutre et de la Paille »
L’enseignement christique sur la poutre et la paille trouve ici une illustration saisissante. Comment un intellectuel camerounais peut-il critiquer avec tant de véhémence les actions d’un président de transition gabonais tout en fermant les yeux sur les quatre décennies d’autoritarisme de Paul Biya ? Cette sélectivité révèle soit un aveuglement coupable, soit des motivations inavouées.
Léon Tolstoï, dans ses réflexions philosophiques, soulignait l’importance de l’introspection avant la critique externe. Cette sagesse s’applique parfaitement à celui qui prétend donner des leçons de gouvernance à l’Afrique tout en évitant soigneusement de regarder dans sa propre cour.
La Trahison de l’Idéal Panafricain
Le panafricanisme authentique, tel que conçu par Kwame Nkrumah, Marcus Garvey ou Cheikh Anta Diop, prônait la solidarité entre les peuples africains et la critique constructive. Thomas Sankara affirmait : « La solidarité n’est pas un sentiment de vague compassion ou d’attendrissement superficiel pour les maux subis par tant de personnes. C’est au contraire la détermination ferme et persévérante de s’engager pour le bien commun. »
L’acharnement de Nyamsi contre Oligui Nguema trahit cet idéal. Au lieu de la solidarité constructive, nous assistons à une guerre d’ego déguisée en combat intellectuel. Au lieu de l’unité africaine, nous voyons la division semée par celui-là même qui devrait être un pont entre les peuples.
Les Motivations Cachées : Frustration et Ressentiment
Nietzsche, dans sa Généalogie de la morale, décrivait le ressentiment comme « une réaction créatrice de valeurs » née de l’impuissance. Serait-ce que Nyamsi, frustré par son incapacité à influencer positivement la situation politique de son propre pays, déplace cette frustration sur une cible plus accessible ?
La sociologie du comportement nous enseigne que l’acharnement obsessionnel révèle souvent des blessures narcissiques profondes. Comme l’expliquait Alfred Adler, le « complexe d’infériorité » peut pousser certains individus à compenser par des attaques contre autrui.
Pour une Intellectualité Responsable
L’intellectuel africain du XXIe siècle porte une responsabilité historique : celle de contribuer à l’édification de nos sociétés par la critique constructive et l’engagement positif. Edward Said, dans ses Représentations de l’intellectuel, rappelait que l’intellectuel doit maintenir une distance critique tout en restant engagé dans les affaires de son époque.
Franklin Nyamsi a choisi une voie différente : celle de l’acharnement stérile et de la critique destructrice. En s’attaquant obsessionnellement à Oligui Nguema tout en ignorant les dérives de son propre système politique, il illustre parfaitement ce que Socrate dénonçait : « Une vie sans examen ne vaut pas la peine d’être vécue. »
Conclusion :
L’Afrique a besoin d’intellectuels, certes, mais d’intellectuels sages, cohérents et constructifs. L’acharnement de Franklin Nyamsi contre Oligui Nguema nous rappelle qu’on peut être professeur de philosophie sans être philosophe, érudit sans être sage, critique sans être constructif.
Le vrai panafricanisme commence par l’introspection et la cohérence. Comme le dit l’adage attribué à Gandhi : « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ». Peut-être est-il temps pour certains intellectuels africains de méditer cette sagesse millénaire avant de donner des leçons aux autres.



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