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Quand la jeunesse gabonaise s’égare : comprendre la racine de la violence adolescente

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comprendre la racine de la violence adolescente au Gabon
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Il suffit aujourd’hui d’ouvrir son téléphone, de parcourir quelques instants les réseaux sociaux, pour voir le triste spectacle de la violence scolaire glorifiée par notre jeunesse en dérive. Des adolescents, filles comme garçons, se battant à coups de poings dans les cours d’école. Des vidéos partagées, likées, commentées, comme si la souffrance était devenue un divertissement public.

Le drame n’est plus isolé. Chaque semaine, presque chaque jour, une nouvelle agression circule : un élève roué de coups par ses camarades, une collégienne humiliée pour avoir osé répondre, un groupe de jeunes qui se filme fièrement en train de “faire justice”.
Le mal est profond. Et les avertissements des autorités, tout comme les arrestations destinées à “donner l’exemple”, semblent glisser sur cette génération comme la pluie sur le marbre.

Alors, la question brûle les lèvres : comment responsabiliser notre jeunesse ?

Le symptôme d’un mal plus profond

Avant de chercher des solutions, il faut regarder la réalité en face — non pas avec colère, mais avec lucidité.
Ce que nous voyons aujourd’hui n’est pas seulement une crise d’adolescence collective. C’est le reflet d’un déséquilibre moral, éducatif et affectif.

Nos jeunes ne sont pas nés violents. Ils le deviennent. Et ce devenir-là a une origine : la démission de certaines structures essentielles, à commencer par la cellule familiale.

Pendant longtemps, la famille était un sanctuaire d’équilibre : le père incarnait l’autorité, la mère la tendresse, et ensemble, ils formaient le socle sur lequel l’enfant construisait son rapport au monde. Aujourd’hui, ce socle se fissure. De plus en plus d’enfants grandissent dans des foyers monoparentaux, le plus souvent sous la garde de la mère.

Ce n’est pas un procès contre les mères — bien au contraire. Beaucoup se battent avec courage, amour et dignité pour élever seules leurs enfants. Mais il faut le dire sans détour : l’absence d’autorité masculine laisse un vide éducatif et symbolique. Garder un enfant ce n’est pas seulement le couvrir d’amour, le nourrir et succomber à tous ses désir et caprice, ce que font beaucoup de jeunes mamans depuis une bonne vingtaine d’année  ! On va dire que les papas sont démissionnaires, mais on ne se pose pas les bonnes questions, quant à cette démission. Les mères elles-mêmes sont souvent à l’origine de cette démission, en complicité avec la loi !

Le rôle du père : canal de la force, pilier de la limite

Le père n’est pas qu’un pourvoyeur de ressources. Il est — dans l’équilibre naturel des choses — le repère de la mesure et de la responsabilité.

C’est souvent à travers la figure paternelle que l’enfant apprend la notion de frontière, cette ligne invisible qui sépare le bien du mal, la colère du respect, la force du chaos.

Quand cette présence manque, la jeunesse cherche ailleurs une figure de pouvoir. Et les réseaux sociaux, les groupes d’amis, les “influenceurs de la rue” deviennent des substituts.

Le jeune garçon veut prouver qu’il est fort, que personne ne peut l’humilier. La jeune fille, elle, se forge une armure d’agressivité pour ne pas paraître “faible”. Ainsi naît cette génération d’adolescents en tension permanente, qui confond autorité et domination, courage et violence, respect et peur.

Sans repère, ils testent les limites. Et faute de père pour leur dire : “Assez, tu vas trop loin”, ils se forgent une loi à leur mesure, souvent brutale et sans direction morale.

Les conséquences : une société miroir

Ne nous y trompons pas : ce n’est pas seulement la jeunesse qui est malade, c’est la société tout entière. Une société qui glorifie la réussite matérielle, mais qui ne parle plus de vertu. Une société où la télévision élève les enfants plus que les parents, où le “buzz” vaut plus que la dignité. Une société qui rit de la discipline, mais pleure devant la délinquance. Une société dans laquelle on ne sait plus qui est homme et qui est femme !

Ces jeunes que nous jugeons aujourd’hui sont les fruits d’une culture que nous avons nous-mêmes arrosée : une culture du laxisme, du relativisme, du “fais ce que tu veux, tant que tu es heureux”. Le résultat est là : une génération libre de tout, sauf d’elle-même.

Responsabiliser la jeunesse : un retour à l’ordre des choses

Responsabiliser ne veut pas dire punir aveuglément.
Responsabiliser, c’est rééduquer la conscience, redonner du sens aux mots respect, effort, limite.

Cela commence à la maison.

  • Les parents doivent parler d’une seule voix, avec cohérence.

  • Les pères doivent revenir dans le champ éducatif, pas seulement comme figures économiques, mais comme hommes de référence.

  • Les mères doivent être soutenues, accompagnées, et non laissées seules face à des adolescents en quête d’identité.

L’école, elle, doit redevenir un lieu de formation de l’esprit et du caractère — pas un simple espace de délivrance de diplômes.
Les enseignants ont besoin d’autorité, de soutien et de reconnaissance. Et la société, dans son ensemble, doit cesser de confondre liberté et anarchie.

Car une jeunesse sans repères devient une force sans direction. Et une force sans direction devient tôt ou tard une menace pour elle-même.

Pour une renaissance éducative

Il est temps de redonner à nos jeunes des héros dignes de ce nom : des pères présents, des enseignants respectés, des leaders moraux, des modèles de droiture. Il faut réensemencer les cœurs de valeurs anciennes : le respect des anciens, la discipline, la pudeur, la maîtrise de soi, la solidarité. Ce sont là les piliers invisibles qui ont toujours tenu debout nos sociétés africaines.

La jeunesse n’a pas besoin d’être seulement punie. Elle a besoin d’être guidée.
Elle n’a pas besoin de slogans, mais d’exemples.
Elle n’a pas besoin de juges, mais de pères.

Parce qu’au fond, un jeune qui respecte son père et sa mère n’a pas besoin d’avoir peur du policier.

Conclusion

La violence des jeunes n’est pas un hasard. C’est le symptôme d’une génération sans ancrage. Si nous voulons redresser la trajectoire de nos enfants, nous devons rebâtir la base — la famille — et réhabiliter la figure de l’autorité bienveillante. Car une nation se construit d’abord dans le regard du père et dans les bras de la mère. Et lorsque ces deux forces s’unissent, la jeunesse retrouve le chemin de la sagesse.

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