Accueil Economie Le pillage systématique du Gabon : quand l’impunité doit enfin céder face à la justice
Economie

Le pillage systématique du Gabon : quand l’impunité doit enfin céder face à la justice

Partager
Le pillage systématique du Gabon
Partager
4.9
(52478)

Assez de ce système qui a transformé notre nation en coffre-fort personnel !

Le 11 novembre 2025 restera gravé dans l’histoire du Gabon comme le jour où la vérité a enfin été énoncée, chiffrée, documentée devant une Cour de justice. Sylvia Bongo Ondimba et son fils Noureddin Bongo Valentin ont été condamnés à 20 ans de réclusion criminelle par contumace par la Cour criminelle spécialisée de Libreville. Vingt ans ! Et 100 millions de francs CFA d’amende. Des chiffres qui paraissent dérisoires face à l’ampleur du désastre : 1 201 milliards de francs CFA détournés du Trésor public gabonais.

Mille deux cent un milliards ! Prenez le temps de lire ce chiffre à haute voix. Laissez-le résonner dans votre esprit. C’est l’argent des écoles qui n’ont jamais été construites. C’est l’argent des hôpitaux qui manquent de tout. C’est l’argent des routes défoncées qui tuent nos compatriotes chaque jour. C’est l’argent des fonctionnaires qui attendent leurs rappels de solde depuis des décennies, trimballant leurs dossiers de bureau en bureau, humiliés, épuisés, abandonnés par un État fantôme.

La rage de voir notre pays transformé en poule aux œufs d’or

Cette condamnation n’est pas simplement une affaire judiciaire de plus. C’est la reconnaissance officielle d’une vérité que chaque Gabonais connaissait déjà dans sa chair, dans son quotidien fait de manques et d’injustices : notre pays a été pillé méthodiquement, systématiquement, sans le moindre état d’âme par ceux-là même qui étaient censés le protéger et le développer.

Les preuves présentées par le procureur général Eddy Minang donnent le vertige. Des jets privés pour sillonner le monde pendant que nos ambulances tombent en panne. Des propriétés de luxe à Londres et Marrakech pendant que nos concitoyens s’entassent dans des logements insalubres. Des actifs pétroliers et miniers détournés alors que notre richesse nationale aurait dû profiter à tous. Une cinquantaine d’entreprises créées uniquement pour blanchir l’argent volé au peuple gabonais !

Comment peut-on dormir la nuit quand on a orchestré un tel système de prédation ? Comment peut-on se regarder dans une glace quand on a transformé la fonction de Première dame et de fils du président en machine à voler ? Ces gens n’avaient pas simplement du mépris pour les Gabonais : ils nous haïssaient. Ils nous considéraient comme du bétail bon à être exploité, pressuré, vidé de sa substance.

L’insulte suprême : snober la justice depuis Londres

Et comme si le vol ne suffisait pas, voilà maintenant l’insulte suprême. Confortablement installés à Londres, dans le luxe acheté avec notre argent, Sylvia et Noureddin Bongo ont snobé le procès. Ils n’ont même pas daigné se présenter devant la justice de leur pays. Ils ont préféré dénoncer de loin un jugement qu’ils qualifient de « rapide et incohérent », accusant l’actuel pouvoir d’instrumentaliser la justice.

Quelle ironie ! Quel culot monumental ! Pendant des années, c’est EUX qui ont instrumentalisé tout : la justice, l’administration, les forces de l’ordre, les médias, l’économie entière du pays. Et maintenant qu’ils doivent enfin rendre des comptes, ils crient à l’injustice politique ? C’est à vomir de rage.

Leur stratégie est claire : jouer la montre, se draper dans la posture de victimes persécutées, saisir toutes les instances internationales possibles – la Commission africaine des droits de l’Homme, la Cour africaine des droits de l’Homme – pour retarder l’inévitable. Pour continuer à jouir tranquillement de leurs villas, de leurs voitures de luxe, de leurs comptes en banque garnis avec l’argent de la misère gabonaise.

Le témoignage des complices : quand la machine infernale se révèle

Les témoignages des accusés présents au procès ont levé le voile sur l’ampleur du système. Ce n’était pas simplement du vol opportuniste, des petits arrangements entre amis. Non. C’était une organisation criminelle structurée, hiérarchisée, parfaitement huilée. Un État dans l’État. Une mafia en col blanc opérant depuis les plus hautes sphères du pouvoir.

Prenons l’exemple glaçant de Mohamed Ali SALIOU, dont le témoignage a sidéré toute la salle d’audience. Écoutez bien ce que cet homme a accumulé en servant le système Bongo :

Ses comptes bancaires : 700 millions à la BGFI, 600 millions à l’ACI en Dama, 200 millions à Orabank, 100 millions à UGB, 100 millions à Ecobank, 1,7 milliard à l’ACI Ngia, 2 milliards en DAT, 2 milliards sur un compte au Maroc. Faites le total : plus de 7,4 milliards de francs CFA dispersés dans différentes banques !

Ses biens : 6 jets ski, 2 cités entières de 40 maisons chacune (soit 80 maisons !), 16 véhicules de luxe, 3 villas de luxe à Akanda, 2 villas à Paris. Et ce n’est pas tout : 450 millions de bonus pétrolier et des primes mensuelles de 80 millions de francs CFA. QUATRE-VINGTS MILLIONS PAR MOIS !

Pendant que ce Mohamed Ali SALIOU encaissait 80 millions par mois, le salaire minimum au Gabon peine à atteindre 150 000 francs CFA. Pendant qu’il s’achetait sa sixième jet ski, des mères de famille devaient choisir entre nourrir leurs enfants et les soigner. Pendant qu’il construisait ses cités de 40 maisons, des Gabonais dormaient dans des taudis sans eau ni électricité.

Et il n’était qu’UN maillon de la chaîne ! Un simple exécutant grassement payé pour faciliter le pillage. Imaginez maintenant ce que touchaient ceux qui étaient au sommet de la pyramide, ceux qui orchestraient tout ce système de prédation ! Les chiffres donnent le vertige et provoquent une nausée physique.

Pendant ce temps, que vivaient les Gabonais ordinaires ? L’attente interminable de salaires jamais versés. Des fonctionnaires traînant depuis des dizaines d’années des dossiers de rappels de solde qui ne seront jamais payés parce que l’argent a été volé. Des infrastructures inexistantes ou défaillantes : routes impraticables, écoles délabrées, hôpitaux sans médicaments, système électrique en lambeaux. Une pauvreté endémique, une jeunesse sans avenir, des familles brisées par le désespoir économique.

Et tout cela pendant que Sylvia Bongo achetait sa énième propriété de luxe, que Noureddin se baladait en jet privé, et que leurs complices comme Mohamed Ali SALIOU accumulaient des milliards dans huit comptes bancaires différents, construisaient des empires immobiliers de 80 maisons, et touchaient des primes mensuelles qui représentent le salaire annuel de dizaines de Gabonais !

C’est révoltant. C’est obscène. C’est criminel. Et le plus insupportable, c’est de savoir que pendant qu’un seul homme empochait 80 millions par mois pour prix de sa complicité, des milliers d’enseignants, d’infirmiers, de policiers attendaient leurs maigres salaires pendant des mois. Que des fonctionnaires honnêtes couraient après quelques centaines de milliers de francs de rappel pendant que les voleurs nageaient dans les milliards.

Il faut que les bandits aillent en prison !

Cette condamnation, aussi symbolique soit-elle tant que les condamnés restent à l’étranger, doit marquer un tournant radical dans l’histoire du Gabon. Nous ne pouvons plus accepter que les voleurs de notre nation terminent leurs jours dans le confort et l’impunité. Il FAUT que ces bandits de grand chemin aillent en prison. Il FAUT que la justice internationale soit saisie pour obtenir leur extradition. Il FAUT que tous leurs avoirs soient confisqués et restitués au peuple gabonais.

La Cour a ordonné la confiscation de tous les biens identifiés et le remboursement de 4,4 milliards de francs CFA. C’est un début, mais ce n’est qu’une goutte d’eau face aux 1 201 milliards détournés. Chaque centime volé doit être récupéré. Chaque propriété acquise illégalement doit être saisie. Chaque compte bancaire alimenté par la corruption doit être vidé et rendu au Trésor public.

Une révolution culturelle nécessaire : la justice pour tous

Mais au-delà de ce procès historique, c’est toute une culture qui doit changer au Gabon. Il faut que les Gabonais développent une culture de la plainte judiciaire. Trop longtemps, nous avons accepté l’injustice comme une fatalité. Trop longtemps, nous avons baissé la tête devant les petits et grands corrompus qui pourrissent notre société. Trop longtemps, nous avons eu peur de dénoncer, de porter plainte, de réclamer nos droits.

Cette époque doit prendre fin. Chaque fonctionnaire qui réclame un pot-de-vin doit être dénoncé. Chaque responsable qui détourne l’argent public doit être traîné devant les tribunaux. Chaque homme politique qui abuse de sa position doit être poursuivi. Nous devons devenir un peuple de citoyens vigilants, exigeants, intraitable sur la question de la justice et de l’État de droit.

Les Gabonais doivent comprendre que la justice n’est pas seulement l’affaire des juges et des procureurs. C’est l’affaire de chaque citoyen. C’est notre responsabilité collective de construire une société où le droit prime sur la force, où l’intérêt général l’emporte sur l’enrichissement personnel, où la fonction publique signifie réellement servir le public et non se servir.

Que tous tremblent devant la loi !

Des actions concrètes doivent être mises en place pour que les Gabonais et les étrangers qui opèrent dans notre pays aient très peur de bafouer la justice et le droit. La peur ne doit plus être du côté des honnêtes gens qui réclament ce qui leur est dû. La peur doit changer de camp. Elle doit s’installer dans le cœur de tous ceux qui sont tentés par la corruption, par le détournement, par l’abus de pouvoir.

Cela passe par une justice indépendante, forte, intransigeante. Des juges qui ne plient devant aucun pouvoir politique ou économique. Des procureurs déterminés à poursuivre les criminels en col blanc avec la même énergie qu’ils poursuivent les petits délinquants. Des sanctions exemplaires qui frappent fort et marquent les esprits.

Cela passe aussi par la transparence totale de la gestion publique. Tous les contrats d’État doivent être publiés. Tous les patrimoines des responsables politiques doivent être déclarés et vérifiés régulièrement. Tous les détournements doivent être traqués par des organismes de contrôle indépendants et puissants.

Cela passe enfin par l’éducation citoyenne. Nos enfants doivent grandir en sachant que voler l’argent public est un crime aussi grave que n’importe quel autre. Que la corruption détruit notre société plus sûrement que n’importe quelle catastrophe naturelle. Que l’impunité est le poison qui paralyse notre développement.

Le scandale du siècle doit devenir le tournant du siècle

Ce procès Bongo-Valentin, qualifié à juste titre de « scandale du siècle », peut et doit devenir le tournant du siècle pour le Gabon. Le moment où nous avons collectivement décidé que plus jamais notre pays ne serait la propriété privée d’une famille ou d’un clan. Le moment où nous avons décidé que la loi s’applique à tous, riches ou pauvres, puissants ou misérables.

La condamnation de Sylvia et Noureddin Bongo est une victoire symbolique importante. Mais elle ne sera une vraie victoire que lorsqu’ils seront physiquement derrière les barreaux, que lorsque chaque franc volé aura été récupéré et investi dans le développement du pays, que lorsque tous leurs complices auront été jugés et condamnés à leur tour.

Les ennemis de la patrie doivent savoir qu’il n’y a plus de refuge pour eux. Ni à Londres, ni à Marrakech, ni ailleurs. Le temps de l’impunité est révolu. Le temps de la justice est venu. Et cette justice, nous l’exigeons avec toute la rage de décennies de frustration, toute la colère d’un peuple spolié, toute la détermination d’une nation qui refuse de mourir.

Les rappels de solde seront payés. Les infrastructures seront construites. La pauvreté sera combattue. L’éducation et la santé seront financées. Mais tout cela ne sera possible que si nous restons vigilants, combatifs, intransigeants sur la question de la corruption et de l’impunité.

Le Gabon mérite mieux que d’être une poule aux œufs d’or pour quelques prédateurs sans conscience. Le Gabon mérite de devenir ce qu’il aurait toujours dû être : un pays prospère, juste, où chaque citoyen peut vivre dignement du fruit de son travail et des richesses de sa nation.

Cette renaissance commence maintenant. Dans la colère, dans la détermination, dans l’exigence absolue de justice. Les Bongo et tous ceux qui leur ressemblent doivent savoir que leur règne est terminé. Une nouvelle ère commence pour le Gabon. Une ère de droit, de transparence, de dignité retrouvée.

Et si certains pensent encore pouvoir échapper à la justice, qu’ils se détrompent. Nous les traquerons. Nous les poursuivrons. Nous obtiendrons justice. Car c’est notre pays, notre avenir, notre dignité qui sont en jeu. Et nous ne lâcherons rien.

Comment avez-vous trouvé cet article ?

Cliquez sur une étoile pour la noter !

Note moyenne 4.9 / 5. Nombre de votes : 52478

Aucun vote pour l'instant ! Soyez le premier à évaluer cet article.

Partager
XETA-DIGITAL CORP

Rédiger un commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Dans la même thématique

Le Gabon profond, otage de ses propres élites

Le Gabon a longtemps souffert d'un mal discret, presque invisible depuis Libreville,...

Crise de la SEEG : et si la solution passait enfin par la fin des privilèges ?

La Société d'Énergie et d'Eau du Gabon (SEEG) fait face à une...

Le Procès Bongo Valentin : Révélation d’Un Antipatriotisme Inexistant !

Il y a des moments où l'on voudrait se tromper, où l'on...

Arrêt des bourses pour les étudiants gabonais allant aux États-Unis, au Canada et en France à partir de 2026

La récente annonce du président Brice Oligui Nguema concernant l'arrêt des bourses...