L’élection présidentielle gabonaise du samedi dernier a livré son verdict : Brice Oligui Nguema, chef de la transition militaire, a été élu président de la République avec 94,85% des suffrages exprimés, selon les résultats définitifs communiqués par le ministère de l’Intérieur. Cette victoire massive, qui représente près de 600.000 voix, marque officiellement la fin de la période de transition et l’entrée du Gabon dans sa cinquième république.
Une participation significative malgré une légère baisse
Le scrutin a enregistré un taux de participation de 70,4%, un chiffre impressionnant bien qu’en baisse par rapport aux premières estimations qui annonçaient plus de 87% quelques heures après la fermeture des bureaux de vote. Sur les 636 606 votants recensés, 25 859 bulletins ont été déclarés blancs ou nuls, portant le nombre de suffrages valablement exprimés à 610 747.
Une opposition distancée
Le principal opposant, Alain Claude Bilie-by-Nze, ancien Premier ministre sous le régime Bongo, n’a recueilli que 3,02% des voix, un écart considérable qui témoigne de la popularité du général Nguema. Parmi les huit candidats en lice, figuraient également deux anciens cadres du Parti Démocratique Gabonais (PDG), l’ancien parti au pouvoir, ainsi qu’une seule femme, Gninga Chaning Zenaba.
De la garde républicaine à la présidence
Âgé de 50 ans, Brice Oligui Nguema a connu un parcours remarquable. Né dans la province du Haut-Ogooué, il a suivi les traces de son père en embrassant une carrière militaire. Formé à la prestigieuse académie militaire du Maroc, il a rapidement gravi les échelons pour devenir l’assistant du président Omar Bongo.
Après une période d’éloignement sous Ali Bongo, qu’il a servi comme attaché aux ambassades du Gabon au Maroc et au Sénégal, il est revenu au pays pour prendre la tête de la Direction Générale des Services Spéciaux, avant d’être promu commandant de la Garde républicaine. C’est à ce poste qu’il a mené le coup de libération d’août 2023, mettant fin à près de six décennies de règne de la famille Bongo.
Les défis d’une nation riche mais inégalitaire
Cette élection intervient dans un contexte de défis multiples pour le Gabon. Malgré ses importantes ressources en pétrole et en bois, ce pays de 2,5 millions d’habitants est confronté à un chômage élevé, des infrastructures défaillantes, des coupures d’électricité chroniques et une dette publique estimée à 73,3% du PIB. Plus préoccupant encore, environ 35% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour.
Durant sa campagne, le général Nguema a promis de lutter contre la corruption, la mauvaise gouvernance et le détournement de fonds qui ont caractérisé les précédents régimes. Les observateurs attendent maintenant de voir comment il compte transformer ses promesses en actions concrètes pour améliorer le quotidien des Gabonais.
Vers une confirmation officielle
La Cour constitutionnelle devrait confirmer ces résultats dans les prochains jours, officialisant ainsi l’élection de Brice Oligui Nguema comme président du Gabon. Cette élection marque un tournant historique pour ce pays d’Afrique centrale, qui tourne définitivement la page de l’ère Bongo après plus de cinquante ans de règne familial.
Le nouveau président aura la lourde tâche de concrétiser les espoirs de changement et de développement d’une population qui aspire à bénéficier enfin des richesses de son pays.



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