La démission collective annoncée par plusieurs hauts cadres du PDG originaires du Woleu-Ntem suscite une vive controverse au sein du parti. Entre accusations d’opportunisme et appels à la loyauté, cette crise révèle les fractures au sein de la formation politique historique du Gabon.
Une défection qui ne fait pas l’unanimité
La semaine dernière, Guy Patrick Obiang Ndong, Charles Mve Ellah, René Ndemezo’Obiang, Daniel Ona Ondo, Emmanuel Ondo Methogo, David Ella Mintsa, et l’honorable François Ango Ndoutoume ont officiellement annoncé leur démission du Parti démocratique gabonais (PDG). Une annonce qui a immédiatement provoqué l’indignation de nombreux cadres et militants du parti, particulièrement ceux originaires de la province du Woleu-Ntem.
Dans une déclaration cinglante rendue publique ce 10 mai, des membres du bureau politique et du comité permanent ont fermement condamné cette initiative qu’ils qualifient de « démarche honteuse » et « non concertée ». Gervais M’ba Ango, membre du Conseil national de Minvoul, a exprimé son mécontentement : « Nous avons été mis devant le fait accompli par une déclaration de démission collective présentée au nom de tous les cadres et militants PDG du Woleu-Ntem, sans aucune concertation préalable. »
Cette décision unilatérale est perçue comme une trahison par de nombreux militants qui rappellent que l’adhésion au parti relève d’un choix personnel, tout comme la décision de le quitter. « Chacun a adhéré librement, en toute âme et conscience. Si certains souhaitent partir, qu’ils le fassent individuellement sans prétendre parler au nom d’une province entière », ont martelé les fidèles du parti.
Des motivations remises en question
Les démissionnaires invoquent un soutien renforcé au président de la Transition, Oligui Nguema, pour justifier leur départ. Un argument qui ne convainc pas les loyalistes du PDG, qui s’interrogent : « Quel acte le parti a-t-il posé qui puisse être qualifié de manque de soutien au chef de l’État ? » Ils rappellent que 94,85% des électeurs, y compris les militants du PDG, ont voté pour lui lors des dernières élections.
Pour beaucoup, ces démissions seraient davantage motivées par des intérêts personnels que par des convictions politiques. « Qui a trahi, trahira », lancent les cadres restés fidèles au parti, évoquant le manque de constance de ceux qui « hier encore, chantaient les louanges du régime déchu » et qui pourraient, demain, changer encore une fois d’allégeance selon les circonstances.
Un appel à la cohésion et à la responsabilité
Face à ce qu’ils considèrent comme une opération de déstabilisation, les cadres politiques fidèles au PDG appellent à la retenue et à la lucidité. Ils estiment que le comportement des démissionnaires va à l’encontre des valeurs d’inclusion prônées par le président de la République.
« Cette démarche n’est rien d’autre qu’une manœuvre intéressée qui jette le trouble dans les rangs de nos militants et ternit l’image de toute une communauté », déplorent-ils. Ils lancent un appel solennel : « Ressaisissons-nous, fils et filles du Woleu-Ntem, pour que ce mauvais rêve honteux passe et nous ramène à la sérénité. »
Le parti, qui traverse une période de restructuration depuis les changements politiques survenus dans le pays, voit dans ces démissions non pas une faiblesse, mais une opportunité de renouvellement. « S’ils ne veulent plus de ce parti, d’autres jeunes entièrement disposés à rehausser son image sont prêts à les remplacer », affirment les loyalistes, déterminés à tourner la page.
Mon point de vue : Le problème n’est pas le PDG, mais les PDGistes opportunistes et sans idéologie
Ces récentes démissions au sein du PDG illustrent parfaitement une réalité politique souvent occultée : le véritable problème ne réside pas dans la structure du parti, mais dans l’opportunisme et l’absence totale d’idéologie qui caractérisent bon nombre de ses membres.
Le PDG lui-même n’a jamais véritablement développé de socle idéologique cohérent, fonctionnant davantage comme une machine à pouvoir que comme un véritable parti politique porteur d’idées. Cette absence d’idéologie a attiré des individus guidés non par des convictions, mais par la recherche de positions avantageuses et de privilèges.
Les figures qui quittent aujourd’hui le navire avec grand fracas sont les mêmes qui, hier, occupaient les plus hautes fonctions et bénéficiaient pleinement du système. Leur volte-face soudaine n’est pas surprenante : ces caméléons politiques changent de couleur au gré des circonstances, leur seule constante étant la poursuite de leurs intérêts personnels.
Cette crise pourrait finalement s’avérer salutaire, révélant au grand jour le vide idéologique qui caractérise ces PDGistes opportunistes. En quittant un parti dès qu’il ne sert plus leurs ambitions, ils démontrent parfaitement le problème fondamental de la politique gabonaise : des acteurs sans conviction, prêts à toutes les contorsions pour se maintenir près des cercles du pouvoir.
Le départ de ces figures versatiles ne constitue pas une perte pour le PDG mais plutôt une clarification nécessaire. Un parti politique, même dépourvu d’idéologie claire comme le PDG, ne peut se construire sur la base de loyautés conditionnelles et temporaires. La politique gabonaise mérite mieux que ces girouettes qui tournent au gré des vents favorables, sans jamais défendre une vision cohérente pour le pays.



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