Le 12 avril 2025 restera une date historique pour le Gabon. Ce jour-là, les Gabonais ont parlé d’une seule voix et ont porté à la magistrature suprême le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, avec plus de 97 % des suffrages. Rarement un peuple n’avait exprimé une telle unité, rassemblant anciens partisans du PDG, membres d’autres formations politiques et même les indécis.
Mais alors que s’ouvrent les élections législatives et locales, un glissement se dessine. De nombreux candidats, investis ou non par la nouvelle formation présidentielle, l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), cherchent à s’accaparer cette victoire. Ils la brandissent comme un trophée personnel, oubliant une vérité essentielle : cette fois-ci, ce n’est pas Oligui qui est candidat, mais eux.
1. Une victoire présidentielle qui appartient à tout un peuple
Le triomphe d’Oligui Nguema n’était pas celui d’un homme seul, ni d’un parti, mais bien celui d’une nation. Avec son discours de réconciliation, sa promesse de rupture avec les anciennes pratiques et sa volonté de rebâtir la République, le président a cristallisé un immense espoir.
Cette victoire de 97 % fut un plébiscite collectif. Elle appartient à chaque citoyen, à chaque Gabonais qui a cru en ce renouveau. La réduire à l’UDB seule est une erreur de lecture. Le peuple a voté Oligui, pas une étiquette.
2. Le danger de l’illusion partisane
Sur le terrain, certains candidats UDB se présentent déjà comme les “meilleurs choix” simplement parce qu’ils portent le logo du parti présidentiel. Ils insinuent que les autres seraient incompétents par nature. Mais aux législatives et aux locales, le jeu n’est pas le même : ce ne sont pas des symboles qui se présentent, mais bien des femmes et des hommes, avec leur crédibilité, leur histoire et leurs engagements.
Être estampillé UDB ne suffit pas. L’électorat gabonais est lucide : il ne confondra pas la popularité d’un président charismatique avec la compétence d’un conseiller municipal ou d’un député.
3. Ce que le Président attend réellement de ses bâtisseurs
Le Chef de l’État a lancé l’Union Démocratique des Bâtisseurs pour prolonger sa vision, pas pour la galvauder. Être un “bâtisseur” ne signifie pas seulement porter un drapeau, mais incarner la philosophie présidentielle :
-
Lutter contre la corruption et les privilèges injustes.
-
Écouter le citoyen, l’impliquer dans la décision.
-
Travailler avec rigueur et transparence.
-
Défendre les intérêts des quartiers, des villages et des provinces avec loyauté.
Le meilleur candidat UDB n’est donc pas celui qui crie le plus fort son appartenance au parti, mais celui qui s’ancre dans la vision d’Oligui Nguema et la traduit en actes locaux.
4. Un peuple qui ne veut plus d’illusions
Les Gabonais ont trop souffert des promesses en l’air. Ils ne se laisseront pas berner par de simples slogans. Dans chaque arrondissement de Libreville, à Port-Gentil, à Oyem, à Franceville, les électeurs veulent des élus qui comprennent leurs réalités : routes dégradées, chômage des jeunes, difficultés d’accès à l’eau potable, coût de la vie…
Ils ne veulent pas de figurants qui s’abritent derrière la gloire présidentielle. Ils veulent des bâtisseurs de proximité, sincères et compétents.
5. Pour un patriotisme responsable
Le patriotisme véritable ne consiste pas à brandir un logo ou un slogan. Il consiste à servir la République avec loyauté, à défendre l’intérêt général, à porter le drapeau du Gabon avant celui d’un parti.
Être candidat, qu’on soit UDB, indépendant ou issu d’une autre formation, c’est signer un contrat moral avec les électeurs. C’est promettre de représenter leurs attentes avec honnêteté et courage. C’est travailler à prolonger la vision du Chef de l’État, sans la trahir par l’arrogance ou l’opportunisme.
Conclusion
La présidentielle du 12 avril 2025 fut celle de l’unité nationale et de l’espoir. Elle appartient au peuple gabonais dans son ensemble. Mais les élections législatives et locales sont une autre histoire : celle des candidats eux-mêmes.
Le temps est venu pour chacun de prouver sa valeur, non pas en se réfugiant derrière le nom d’Oligui Nguema, mais en montrant qu’il est capable de bâtir, au quotidien, dans la proximité, dans l’écoute et dans l’action.
Alors rappelons-le : cette fois-ci, ce n’est pas Oligui qui est candidat. C’est vous. Et le peuple jugera non pas sur les couleurs que vous portez, mais sur la sincérité et la force de vos engagements.



Rédiger un commentaires