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Déguerpissement derrière l’Assemblée nationale : Quand la rigueur gouvernementale bouscule les vieilles habitudes gabonaises

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Déguerpissement derrière l'Assemblée nationale : Quand la rigueur gouvernementale bouscule les vieilles habitudes gabonaises
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L’opération de déguerpissement menée actuellement dans la zone située derrière l’Assemblée nationale à Libreville fait couler beaucoup d’encre et suscite de vives réactions sur les réseaux sociaux. Entre indignation et incompréhension, nombreux sont ceux qui crient à l’injustice, oubliant une vérité fondamentale : cette parcelle appartient légitimement à l’État gabonais. Cette situation révèle un mal profond qui gangrène notre société depuis des décennies et qui mérite qu’on s’y attarde sérieusement.

Le paradoxe gabonais : vouloir le changement sans changer soi-même !

Le Gabon traverse une période charnière de son histoire. Après des décennies de gestion contestée, les nouvelles autorités promettent un renouveau, une transformation profonde du pays. Les Gabonais, dans leur majorité, appellent de leurs vœux ce changement tant attendu. Ils veulent des infrastructures modernes, une administration efficace, des services publics de qualité, bref, un État qui fonctionne.

Mais voilà le paradoxe : comment peut-on exiger le changement du pays tout en résistant au changement de nos propres comportements ? L’affaire du déguerpissement de la zone derrière l’Assemblée nationale illustre parfaitement cette contradiction. D’un côté, nous réclamions des infrastructures modernes, des bassins versants pour lutter contre les inondations récurrentes, des voies de circulation décongestionné, des bâtiments administratifs dignes de ce nom. De l’autre, nous nous opposons aux mesures nécessaires pour concrétiser ces projets.

L’occupation illégale : un fléau normalisé

Ce qui s’est passé dans cette zone révèle un comportement devenu malheureusement banal au Gabon : l’occupation illégale des domaines de l’État. Comme le souligne l’article de Pyramid Médias Gabon, les occupants de cette parcelle ont été intégralement indemnisés il y a plusieurs années déjà. Malgré cette compensation équitable, ils ont choisi de rester, transformant même certains espaces en locations pour des commerçantes qui ignoraient la situation juridique réelle.

Cette attitude révèle une mentalité profondément ancrée dans nos habitudes : celle de considérer les biens de l’État comme une propriété commune dont chacun peut disposer à sa guise. Cette mentalité est destructrice car elle empêche tout développement planifié et coordonné du territoire national.

Les « vieilles habitudes ont la peau dure », comme le note justement l’article source. Ces habitudes consistent à s’installer illégalement, à résister aux injonctions légales, puis à se poser en victimes lorsque l’État fait valoir ses droits légitimes. Cette logique doit impérativement changer si nous voulons que notre pays progresse.

Le retard infrastructurel : conséquence d’un laxisme chronique et d’un système prédateur

Le Gabon dispose d’un potentiel économique considérable. Nos ressources naturelles, notre position géographique stratégique, notre stabilité politique relative constituent autant d’atouts qui auraient dû nous permettre de disposer d’infrastructures à la hauteur de nos ambitions. Pourtant, force est de constater que nous accusons un retard considérable dans ce domaine.

Ce retard n’est pas seulement dû à un manque de moyens financiers ou au laxisme dans l’occupation de l’espace urbain. Il résulte surtout d’un système délibérément organisé par les précédents gouvernants qui ont maintenu ce chaos pendant des décennies pour des raisons personnelles et financières. Leur objectif n’était pas de doter l’État d’infrastructures propres, mais plutôt de détourner les deniers publics à travers un mécanisme pervers : construire des immeubles privés pour ensuite les louer à l’État à des prix exorbitants.

Cette aberration totale a même vu naître des promoteurs immobiliers, notamment libanais, qui ont bâti leur fortune en construisant spécifiquement pour louer à l’État gabonais. Pendant que les caisses publiques se vidaient en loyers astronomiques, l’État ne possédait pratiquement rien en propre, condamné à être éternellement locataire sur son propre territoire.

Comment construire des voies de contournement modernes quand chaque mètre carré stratégique est soit occupé illégalement, soit monopolisé par des intérêts privés ? Comment aménager des bassins versants pour lutter contre les inondations quand les zones prévues à cet effet sont squattées ou détournées de leur vocation première par ce système prédateur ?

Le projet prévu pour la zone derrière l’Assemblée nationale est ambitieux et nécessaire : bassins versants contre les inondations, voies de contournement pour fluidifier la circulation, bâtiments administratifs modernes, complexes sportifs pour occuper sainement la jeunesse, logements décents. Tous ces équipements répondent à des besoins criants de la population. Mais leur réalisation exige que l’État puisse disposer librement de ses propres terrains.

L’objectif du nouveau régime est justement de mettre fin à ces pratiques délétères en construisant des bâtiments qui serviront et appartiendront définitivement à l’État. Cette approche permettra d’économiser des centaines de milliers, voire des millions de francs CFA qui partaient chaque année en loyers vers des poches privées. Comme le précise l’article source, la construction de bâtiments administratifs propres à l’État, à l’instar de la Cité Émeraude, « viendra répondre aux manques de bâtiments administratifs propres à l’État, permettant ainsi aux administrations locataires de disposer de leurs propres locaux ».

La nécessité d’une gouvernance ferme au déguerpissement et à toutes autres actions légitimes, pour le progrès de la nation !

L’action de déguerpissement menée actuellement par les autorités, bien qu’elle puisse paraître dure, témoigne d’une volonté de rompre avec le laxisme du passé. Cette rigueur gouvernementale est indispensable si nous voulons que les projets de développement sortent enfin des tiroirs pour se concrétiser sur le terrain.

Il faut rappeler une spécificité institutionnelle importante : le chef de l’État gabonais cumule les fonctions de Président de la République et de Chef du Gouvernement. Cette double responsabilité fait de lui le garant ultime de la bonne exécution des politiques publiques. Il ne peut donc se permettre de laisser perdurer des situations d’occupation illégale qui compromettent la réalisation des projets d’intérêt général.

Cette responsabilité double implique également une exigence double : celle de tenir ses engagements envers le peuple gabonais. Les citoyens sont en droit d’attendre des résultats concrets, et ces résultats ne peuvent être obtenus sans une fermeté dans l’application de la loi.

Changer les mentalités : un impératif national

Le véritable défi qui se pose à nous aujourd’hui n’est pas seulement technique ou financier, il est avant tout culturel et mental. Nous devons opérer une révolution des mentalités, abandonner nos réflexes d’occupation anarchique de l’espace public et développer une conscience civique plus affirmée.

Cette transformation passe par la compréhension que l’intérêt général doit primer sur les intérêts particuliers. Elle implique d’accepter que le développement du pays exige parfois des sacrifices individuels au profit du bien commun. Elle suppose également de faire confiance aux institutions lorsqu’elles agissent dans le cadre légal, même si leurs décisions peuvent momentanément nous déranger.

Les commerçantes qui se retrouvent délogées méritent notre compassion, mais leur situation ne doit pas nous faire oublier l’essentiel : elles exerçaient sur des terrains qui ne leur appartenaient pas, dans le cadre d’arrangements informels qui ne pouvaient durer indéfiniment.

Conclusion

L’opération de déguerpissement menée derrière l’Assemblée nationale constitue un test pour la nouvelle gouvernance gabonaise. Elle révèle la capacité des autorités à faire prevaloir l’État de droit sur les arrangements informels, l’intérêt général sur les résistances particulières.

Cette opération doit nous interpeller individuellement et collectivement. Elle nous invite à nous interroger sur notre rapport à la légalité, sur notre conception du bien commun, sur notre volonté réelle de voir notre pays se transformer.

Le Gabon que nous appelons de nos vœux, moderne et prospère, ne se construira pas sans rigueur, sans respect des règles, sans acceptation que le changement implique parfois des bouleversements dans nos habitudes. Le moment est venu de dépasser nos résistances et d’accompagner, par nos comportements responsables, l’émergence du Gabon nouveau que nous prétendons tous désirer.

La route sera longue, mais elle commence par des gestes apparemment simples : respecter la loi, accepter l’autorité légitime de l’État sur son propre domaine, et comprendre que notre développement collectif passe par la discipline individuelle. C’est à ce prix que nous pourrons enfin réconcilier nos aspirations au changement avec nos comportements quotidiens.

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